Notre-dame-de-lourde-créateur-francois-partie-01 et 2

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L'unité de la foi

1 Je vous exhorte donc, moi, le prisonnier dans le Seigneur, à marcher d'une manière digne de la vocation qui vous a été adressée...

Tout au long des trois chapitres précédents, Paul a dévoilé pour ses lecteurs le dessein éternel de Dieu qui se réalise dans l’histoire.

En Jésus-Christ, mort et ressuscité pour nous, Dieu crée une réalité radicalement nouvelle : la nouvelle humanité de Dieu, la société nouvelle dans laquelle juifs et païens sont sur un pied d'égalité, par la foi en Christ.

Après avoir parlé de ce que Dieu a fait pour nous, Paul en vient maintenant à parler des nouvelles normes de cette nouvelle société qu’il a décrite.

Il passe de l’exposé à l’exhortation, de ce que Dieu a fait à ce que nous devons être et faire, de la doctrine à la pratique, de la théologie à ses applications dans la vie de tous les jours.

1 Je vous exhorte donc, moi, le prisonnier dans le Seigneur, à marcher d'une manière digne de la vocation qui vous a été adressée...

Paul, donc, exhorte les chrétiens d’Ephèse à marcher d’une manière digne de leur vocation.

Quelle est cette vocation ?

Dans les versets 1 à 16 du chapitre 4, Paul traite de l’unité de l’Eglise.

En 4.17 à 5.21 il parle de la pureté de l’Eglise.

Unité et pureté sont les deux traits caractéristiques de l’Eglise.

La vocation chrétienne consiste à rechercher et à vivre l’unité de la Foi et à être un peuple saint, distinct du monde profane, mis à part pour appartenir en propre à Dieu.

Paul souligne quatre vérités à propos de l’unité que Dieu a voulue pour les siens.

On peut les résumer par les quatre propositions suivantes :

1.      L’unité dépend de l’amour qu’exprime notre caractère et notre conduite (v. 2)

2.      Elle découle de l’unité de Dieu (vv. 3-6)

3.      Elle s’enrichit de la diversité de nos dons (vv. 7-12)

4.      Elle réclame notre maturité (vv. 13-16)

Les mots amourunitédiversité et maturité résument les idées clés de ce passage.

Premier point donc :

1.      L’unité chrétienne dépend d’une conduite charitable (v. 2)

« …marcher d'une manière digne de la vocation qui vous a été adressée, 2 en toute humilité et douceur, avec patience. Supportez-vous les uns les autres avec amour... »

D’emblée, Paul déclare qu’une vie digne de notre vocation se caractérise par cinq vertus : l’humilité, la douceur, la patience, le support mutuel et l’amour.

Au verset 17 du chapitre 3, Paul a demandé à Dieu que nous soyons enracinés et fondés dans l’amour ; il s’adresse maintenant à nous pour nous exhorter à vivre dans l’amour.

Voilà par où nous devons commencer, si nous voulons vivre vraiment d’une manière digne de notre vocation !

L’unité véritable de l’Eglise, du peuple de Dieu repose d’abord, non pas sur des structures, mais sur les qualités morales de chrétiens.

Dans la recherche de l’unité entre chrétiens, il convient de donner la priorité aux qualités morales sur les structures.

Quelles sont donc ces qualités morales dont parle l’apôtre ?

L’humilité tout d’abord.

Celle-ci était méprisée dans l’antiquité.

Les grecs l’identifiaient volontiers à une attitude abjecte, servile, à la résignation de l’esclave à genoux devant son maître.

Il faudra attendre la venue de Christ pour que l’humilité authentique soit reconnue, lui qui s’est humilié lui-même pour devenir serviteur (Ph 2.3-8).

L’humilité est indispensable à l’unité ; elle s’oppose à l’orgueil qui est derrière toute discorde.

La douceur.

L’humilité et la douceur vont nécessairement de pair, car comme l’a écrit un commentateur : « l’homme doux pense aussi peu à ses prérogatives personnelles que l’homme humble à ses mérites personnels » !

Jésus lui-même a dit à son sujet : « Je suis doux et humble de cœur » (Mt 11.29).

La douceur est la vertu des hommes sages et modérés, qui fuient les excès en recherchant le juste milieu.

La douceur, pas plus que l’humilité, n’est en rien synonyme de faiblesse : c’est la gentillesse du fort capable de contrôler sa force !

Les troisième et quatrième vertus, la patience (macrothymia) et le support ou la tolérance mutuelle, vont de même ensemble.

L’amour est la vertu finale qui embrasse toutes les autres, qui est la couronne et la somme de toutes les qualités morales.

Humilité, douceur, patience, support mutuel, amour : tels sont donc les cinq piliers de l’unité chrétienne.

Là où elles font défaut, aucune structure pour promouvoir l’unité ne peut tenir.

Aucune unité ne saurait plaire à Dieu si elle ne repose pas sur l’amour.

Deuxième point :

2. L’unité chrétienne découle de l’unité de Dieu (vv. 3-6)

3  en vous efforçant de conserver l'unité de l'Esprit par le lien de la paix.

4  Il y a un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés à une seule espérance, celle de votre vocation ; 5 il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, parmi tous et en tous.

On est frappé, à la lecture de ces versets, par la répétition des mots "un seul" ou "une seule", qui reviennent sept fois.

A trois reprises, ils s'appliquent aux personnes de la Trinité : un seul Esprit (v. 4), un seul Seigneur, c'est-à-dire le Seigneur Jésus (v. 5), un seul Dieu et Père de tous (v. 6).

Les quatre autres références ont trait à la vie chrétienne en relation avec les trois personnes de la Trinité.

Ont peut résumer le propos de l'apôtre par trois propositions.

Première proposition, v. 4 : Il y a un seul corps parce qu'il y a un seul Esprit.

Ce corps unique, c'est l'Eglise, le corps de Christ (1.23) qui se compose de juifs et de païens.

Il doit son unité au Saint-Esprit qui l'habite et l'anime.

Comme le dit ailleurs l’apôtre Paul : "Nous avons tous été baptisés dans un seul Esprit pour former un seul corps, soit juifs, soit grecs, soit esclaves, soit libres, et nous avons tous été abreuvés d'un seul Esprit" (1 Co 12.13).

Deuxième proposition : Il y a une seule espérance liée à notre vocation chrétienne (v. 4), une seule foi et un seul baptême (v. 5) parce qu'il y a un seul Seigneur.

Le Seigneur Jésus est l'unique objet de la foi, de l'espérance et du baptême de tous les chrétiens.

C’est en Jésus-Christ que nous avons cru, en lui que nous avons été baptisés (1 Co 1.13 ; Ga 3.27), et c’est l’espérance de son retour qui nous soutient.

Troisième proposition : Il y a une seule famille chrétienne, englobant tous (v. 6) parce qu'il y a un seul Dieu et Père... qui est au-dessus de tous, parmi tous et en tous.

Notez que le "tous" dont il est ici question ne saurait englober tous les hommes indistinctement, mais désigne plutôt tous ceux qui appartiennent au peuple de Dieu, tous les chrétiens, la famille de Dieu, ses enfants (cf. 1.2, 17 ; 2.18-19 ; 3.14-15).

Ainsi, nous pouvons affirmer qu'il ne peut y avoir qu'une seule famille chrétienne, qu'une seule foi, une seule espérance, un seul baptême et un seul corps chrétien parce qu'il n'y a qu'un seul Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit.

L'unité de l'Eglise, l'unité de la foi vient de l'unité de Dieu, l'unité de la divinité, de sorte qu'on ne peut pas davantage diviser l'Eglise que la divinité.

L'unité de l'Eglise est aussi indestructible que celle de Dieu.

Comme il y a un seul Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, il ne peut y avoir qu'une seule Eglise chrétienne.

Il va de soit que cette unité de l'Eglise dont parle Paul concerne d'abord et avant tout l'Eglise "invisible", que Dieu seule connaît, et qui comprend tous ceux qui appartiennent vraiment à Jésus-Christ, tous ceux que Dieu a élus de toute éternité.

Il convient en effet de distinguer l'unité de l'Eglise en tant que réalité invisible présente dans l'Esprit de Dieu, et la réalité toute humaine de l'Eglise visible, qui est, hélas, il faut bien le reconnaître, souvent loin de réaliser l'idéal d'une Eglise vraiment unie, selon l'intention de Dieu.

La désunion de l'Eglise en tant que phénomène visible, avec ses nombreuses dénominations, ses divisions, ses schismes, ses rivalités, ses divergences doctrinales contredit la réalité invisible de l'Eglise dont parle Paul.

Voilà pourquoi, aussi, Paul invite les Ephésiens à conserver l'unité de l'Esprit par le lien de la paix (v. 3).

Maintenir l'unité de l'Eglise, c'est préserver, autant que faire se peut, cette unité que Dieu a créée et que nul ne peut détruire.

Une unité qui ne soit certes pas au détriment de la vérité, mais qui repose précisément sur le solide fondement de la vraie foi, la seule foi, la seule espérance, le seul baptême dont parle Paul.

Tel est l'idéal d'Eglise auquel la Parole de Dieu nous convie.

Troisième point :

3. L’unité chrétienne est enrichie de la diversité de nos dons (vv. 7-12)

Dans les versets précédents, Paul exhorte les chrétiens d'Ephèse à tout mettre en oeuvre pour préserver, maintenir l'unité de l'Eglise, qui est indestructible aux yeux de Dieu, mais qui est sans cesse menacée dans sa réalité concrète, comme l'histoire nous le montre.

L'unité de l'Eglise est une réalité vers laquelle la famille chrétienne doit tendre.

Mais unité ne signifie pas uniformité, et il y a place, dans l'Eglise, pour une grande diversité.

Il y a place pour des différences d'opinion quant aux formes par lesquelles Dieu veut que s'exprime notre unité chrétienne.

Il y a place, de même, pour une grande diversité de ministères au sein de chaque Eglise.

C'est là le propos de l'apôtre dans les versets 7 et suivants.

7 Mais à chacun de nous la grâce a été donnée selon la mesure du don de Christ.

Et au verset 11 : C'est lui qui a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs...

Au verset 7, le mot "grâce" traduit le mot charis, en grec, qui signifie à peu près la même chose que "don" (charismata en grec : Rm 12.6 ; 1 Co 12.4).

Il s'agit d'une grâce pour le service, d'un don accordé par Dieu à chaque chrétien, en vue de l'édification de l'Eglise.

La diversité de l'Eglise repose sur les charismata, les dons que Dieu accorde aux membres de l'Eglise.

Dans l'Eglise, corps du Christ, chaque membre a reçu un don à exercer ou une fonction à remplir, de sorte que toute Eglise est, en un sens, "charismatique".

L'Eglise est "charismatique" ou elle n'est pas, mais encore faut-il s'entendre sur le sens et la portée de ces dons, de ces charismes dont parle Paul.

Notez tout d'abord que ces dons sont données par le Christ exalté.

Chaque don est un don du Christ.

Christ a fait des dons aux hommes (v. 8).

Les charismata ne sont pas, comme on pourrait le penser, exclusivement des "dons de l'Esprit".

Ils sont aussi, selon le propos de l'apôtre, des dons de Christ, qui agit dans l'Eglise et chez les croyants, par son Esprit.

En 1 Co 12.4, Paul déclare qu'il y a "diversité de dons".

Trop de chrétiens aujourd'hui ont tendance à avoir une vue restreinte des charismata, des dons accordés par Dieu à l'Eglise.

Certains limitent à neuf le nombre des dons de l'Esprit (cf. Ga 5.22-23), d'autres semblent uniquement se préoccuper par les trois dons les plus spectaculaires, et qui étaient fort répandus dans l'Eglise primitive : ceux des langues, de prophétie et de guérison.

Il faut noter cependant que dans les cinq listes consacrées aux dons dans le NT, on dénombre pas moins de vingt dons différents, et il existe sans doute beaucoup d'autres dont qui ne sont pas mentionnés dans ces listes !

Dans les versets que nous avons lus, Paul ne mentionne que cinq dons.

Christ a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs.

Les apôtres et les prophètes constituent le fondement de l'Eglise.

Selon les propos de l'apôtre, l'Eglise a été édifiée "sur le fondement des apôtres et des prophètes, Jésus-Christ lui-même étant la pierre angulaire..." (2.20 ; 3.26).

Les apôtres ont eu le privilège unique d'être des témoins oculaires du Christ.

Il s'agit des Douze choisit par le Christ, dont Matthias qui a remplacé Judas, et auxquels à été ajouté l'apôtre Paul.

A ce titre, il n'y a plus d'apôtre aujourd'hui, pas plus d'ailleurs que de prophète, le canon de l'Ecriture étant clôt avec le dernier livre du NT, l'Apocalypse.

Les apôtres et les prophètes constituent ensemble le fondement de l'Eglise et les agents de la révélation de Dieu, et à ce titre, ils n'ont pas de successeurs, car le fondement a déjà été posé, et il n'y a plus de révélation aujourd'hui à côté de la Bible.

La Bible constitue l'unique Parole de Dieu, le seul fondement sur lequel l'Eglise est appelée à s'édifier.

Après les apôtres et les prophètes, Paul mentionne les évangélistes, qui désigne des chrétiens ayant le don de prêcher l'Evangile d'une manière particulièrement claire et appropriée aux incroyants, et les pasteurs et docteurs.

Le ministère pastoral, tout comme le ministère de docteur, c'est-à-dire d'enseignant, sont de même des dons du Christ à l'Eglise.

Notez que c'est pour le service que les dons spirituels sont donnés.

Au verset 12 Paul indique que si le Christ a fait ces dons à l'Eglise, c'est pour le perfectionnement des saints, cela en vue de l’œuvre du service et de l'édification du corps de Christ.

Les ministères institués dans l'Eglise ont en vue l'édification et la croissance spirituelle de chacun.

Les Réformateurs ont fortement insistés sur ce point : chaque chrétien est appelé à exercer ses dons dans l'Eglise.

Le ministère n'est pas le privilège, la prérogative d'une élite cléricale, mais bien plutôt la vocation de tout le peuple de Dieu.

Le modèle de l'Eglise dans la Bible n'est pas celui de la pyramide, au sommet de laquelle trône le pasteur, au-dessus des laïcs, pas plus que celui de l'autobus, dans lequel le pasteur fait office de chauffeur et dirige tout pendant que les membres somnolent paisiblement à l'arrière...

Le modèle biblique est celui du corps dont chaque membre a une fonction particulière, et contribue à l'édification de l'ensemble.

En résumé, c'est le Christ exalté qui distribue ses dons à son Eglise.

Ces dons sont de natures diverses, ceux d'enseigner sont primordiaux ; leur but est d'équiper tous les chrétiens pour l'exercice de leurs ministères particuliers, en vue de l'édification du corps du Christ.

Quatrième et dernier point :

4. L’unité chrétienne réclame notre maturité (vv. 13-16)

Dans les versets 13 à 16, l’apôtre développe ce qu’il entend par édification du corps du Christ.

Il s’agit d’un processus qui aboutit à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature parfaite du Christ.

Tel est l’objectif auquel l’Eglise parviendra un jour et vers lequel elle doit tendre.

Cette croissance vers la maturité concerne l'Eglise dans son ensemble, et dépend des progrès de chacun de ses membres.

Au lieu de vivre dans l'instabilité doctrinale, qui est un signe d'immaturité, Paul nous exhorte à dire la vérité avec amour afin de connaître la maturité chrétienne.

Versets 14 et suivants.

14 Ainsi nous ne serons plus des enfants, flottants et entraînés à tout vent de doctrine, joués par les hommes avec leur fourberie et leurs manœuvres séductrices, 15 mais en disant la vérité avec amour, nous croîtrons à tous égards en celui qui est le chef, Christ. 16 De lui, le corps tout entier bien ordonné et cohérent, grâce à toutes les jointures qui le soutiennent fortement, tire son accroissement dans la mesure qui convient à chaque partie, et s'édifie lui-même dans l'amour.

La Parole de Dieu nous invite à dépasser l’état d’enfance spirituelle, notre immaturité en matière de foi, de religion, afin de parvenir à une vraie maturité, à l’état adulte.

La vie chrétienne consiste en un progrès perpétuel dans l’amour et dans la sainteté.

Paul invite les Ephésiens à dire la vérité dans l’amour.

Littéralement à vivre dans la vérité, à conformer leur vie à la vérité de l’Evangile, afin d’œuvrer à l’édification de l’Eglise.

La vérité et l’amour sont les deux piliers de la vie chrétienne.

 

Telle est donc, en conclusion, la vision que Paul a de l’Eglise.

La nouvelle société fondée par Dieu doit manifester l’amour, l’unité, la diversité et la maturité croissante.

Ce sont là les caractéristiques d’une vie digne de la vocation que Dieu nous a adressée.

Faisons nôtre cet idéal biblique de l’Eglise.

Alors nous mènerons une vie qui en sera digne.

 

Amen !



30/01/2012
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